Taille du texte : A- A A+

Kinésithérapie en pratique avancée

Toutes les informations sur la pratique avancée en kinésithérapie : qu’est-ce que c’est ? dans quel contexte s’inscrit-elle ? où en sommes-nous concernant l'expérimentation menée ? quelles sont les perspectives ?

En savoir plus keyboard_arrow_down
printImprimer

Le colloque URPS Kiné IDF du 6 février 2024 a permis de présenter les avancées de l'étude de preuve de concept sur les nouveaux modes d'exercice (Kinésithérapie en Pratique Avancée). 

Si vous souhaitez retrouver le replay colloque, cliquez ci-dessous  :

▶ Anthony Demont Avancées POC KPA

▶ Témoignage KPA Dr de Lucas Vasquez

▶ Témoignange KPA Dr Calliez

▶ Témoignage Dr Ferrari

▶ Power-point présentation KPA


Merci aux membres de l'Urps Kiné Idf pour leur travail, ainsi que nos intervenants extérieurs : Dr Ferrari, Dr Calliez, Dr de Lucas Vasquez.

 

Dernière mise à jour : 19/02/2024

 

Qu’est-ce que la pratique avancée en kinésithérapie ? Dans quel contexte s’inscrit-elle ? Où en sommes-nous concernant l'expérimentation menée ? Quelles sont les perspectives ?

         

QU'EST-CE QUE LA PRATIQUE AVANCÉE ? DANS QUEL CONTEXTE ?

L'article 119 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a ouvert la possibilité pour les auxiliaires médicaux d'exercer en pratique avancée au sein d'une équipe de soins primaires coordonnée par le médecin traitantLa pratique avancée permet ainsi à des professionnels paramédicaux d’exercer des missions et des compétences dépassant leurs activités habituelles, compétences jusque-là dévolues aux seuls médecins.

L’ARS Île-de-France a été facilitateur de l'expérimentation visant à déployer les premières infirmières en pratique avancée avant que l'arrêté du 18 juillet 2018 relatif au régime des études en vue du diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée ne l'officialiseLes infirmières s’en sont saisies et elles peuvent aujourd’hui exercer aussi bien en libéral qu’en établissement de santé après deux ans de master en université.

Les arrêtés du 6 mars 2020 ont instauré deux protocoles nationaux de coopération entre les médecins généralistes et les kinésithérapeutes exerçant en structure d’exercice coordonné pour améliorer l’accès aux soins des patients atteints d’une lombalgie aiguë ou de symptômes consécutifs à un traumatisme en torsion de la cheville. Ces protocoles autorisent les kinésithérapeutes à délivrer leurs soins directement à ces patients sans prescription ou orientation préalable d’un médecin généraliste ainsi qu’à prescrire certains traitements médicamenteux, des examens d’imagerie et un arrêt de travail. Comme évoqué par l’Inspection générale des affaires sociales, ces protocoles ne se résument donc pas à un simple accès direct au kinésithérapeute mais à un exercice dépassant son champ de compétences initiales impliquant un transfert de compétences médicales. 

La loi n°2021-502 du 26 avril 2021 visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification autorise l’expérimentation de la pratique avancée par d’autres auxiliaires médicaux tels que les kinésithérapeutes. Cette loi ouvre la possibilité d’extension des compétences socles du métier de kinésithérapeute. 

 

POUR LA KINÉSITHÉRAPIE, OÙ EN SOMMES-NOUS ?

De 2019 à 2021, Yvan Tourjansky a participé au groupe de travail national regroupant les syndicats libéraux, l’Ordre, le CNKS (Collège national de la kinésithérapie salariée) et la FNEK (Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie) sur ce sujet.

Lors du séminaire organisé le 15 janvier 2020 par l’ARS Île-de-France, pour faire un état des lieux de l’expérimentation menée par les infirmières, Yvan Tourjansky a suggéré l’étude d’une expérimentation similaire pour les kinésithérapeutes.

La réponse favorable du Directeur Général de l’ARS a débouché le 10 septembre sur une réunion avec la direction de l’offre de soin de l’ARS IDF représentée par Madame Gwenaelle Lebreton, Directrice adjointe du Pôle Ressources humaines en Santé.

Il a été demandé à l’URPS Kiné IDF de faire un état des lieux des modèles internationaux existants intégrant la kinésithérapie en pratique avancée. L’URPS Kiné IDF a fait appel à Anthony Demont pour réaliser ce travail en lien avec le Président de l’URPS.


Le document fut transmis par l’URPS en novembre à l’ARS et a servi de support pour rencontrer la FEMASIF (Fédération des Maisons et Pôles de Santé en IDF), la collégiale des cadres de rééducation de l’AP-HP, des directeurs d’IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie), la FHF (Fédération Hospitalière de France) et la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne).

Le 20 octobre 2022, l’ARS Ile-de-France et l’URPS Kiné ont signé une convention de subventionnement pour accompagner la mise en place d'enquêtes visant à établir la preuve de concept de la kinésithérapie en pratique avancée en Ile-de-France. Ce travail visait à identifier les besoins des établissements et équipes de santé et médico-sociaux franciliens auxquels ce nouveau professionnel pourrait répondre et d’élaborer des recommandations pour l’émergence d’un ou de plusieurs référentiels de formation adapté(s) aux professionnels s’engageant dans l’expérimentation. Cette collaboration visait à fournir aux décideurs politiques des données probantes issues du terrain et validées consensuellement par les équipes et les établissements franciliens partenaires portant sur la pertinence ou non d’octroyer un niveau accru d’autonomie et de responsabilités aux kinésithérapeutes. 

De nombreux établissements et équipes de soins ont été interrogés pour définir les besoins de soins pouvant justifier la kinésithérapie en pratique avancée, les compétences, tâches et rôles médicaux qui leur seraient dévolus et enfin leur positionnement dans les parcours de soins de différentes populations de patients.

Une première restitution publique des résultats à mi-parcours de ce travail a été menée le 26 janvier 2023. Pour accéder à la retransmission vidéo de l'évènement, cliquer ici.

Enfin, ce travail s’est terminé en Août 2023 par la production d’un rapport final remis à l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France ainsi qu’aux fédérations partenaires. Plus de 10 parcours dans le champ des pathologies de l’appareil locomoteur, de la neurologie, de la gériatrie et de la pneumologie adossés à des référentiels locaux d’activités et de compétences ont été co-construits par ces équipes avec l’accompagnement de l’URPS. Ces référentiels d’activités et de compétences ont permis à plusieurs Directeurs d’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie d’Ile-de-France et aux Départements en Sciences de la Rééducation et de la Réadaptation de certaines Universités franciliennes de réfléchir à un cadre possible de formation.

Si vous souhaitez retrouver les présentations de la restitution du 26 janvier 2023 :

  • Cliquez-ici pour voir le rapport final de la preuve de concept sur la kinésithérapie en pratique avancée adressé à l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France le 1er Août 2023.
    • Sur le contexte spécifique des soins d'urgences : cliquez ici
  • Cliquez-ici pour voir le pré-rapport de l’expérimentation sur la kinésithérapie en pratique avancée adressé à l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France le 8 janvier 2023. 
  • Cliquez-ici pour voir le document de synthèse présenté par l'URPS Kiné IDF à l'ARS IDF lors de la réunion du 22 septembre 2021.
  • Cliquez-ici pour voir la note de synthèse sur la pratique avancée en kinésithérapie produite par l'URPS Kiné IDF publiée le 9 novembre 2020 et adressée à l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France. 

 

QUELLES SONT LES PERSPECTIVES POUR LA PRATIQUE AVANCÉE ?

Ainsi, de nombreux acteurs ont mis en évidence la nécessité de la création d’un nouveau titre d’exercice pouvant être obtenu par le suivi d’une formation universitaire après plusieurs années d’expérience professionnelle en kinésithérapie. Les principales fonctions identifiées du kinésithérapeute en pratique avancée peuvent être résumées ainsi :

  • L’inscription de son exercice dans une équipe pluridisciplinaire coordonnée ;
  • La capacité et la pleine responsabilité à mobiliser les compétences et activités médicales suivantes :
    • Evaluation : formulation d’un primo-diagnostic (clinique) ; prescription et interprétation d’examens paracliniques (radiographie standard, échographie musculosquelettique et thoracique, épreuves fonctionnelles respiratoires, épreuves d’effort et évaluation des capacités ventilatoires) et participation à l’évaluation pluridisciplinaire du patient complexe ;
    • Orientation : vers le médecin traitant et/ou un spécialiste pour avis ;
    • Coordination : réalisation des consultations de suivi ; organisation administrative des parcours-patients en lien avec les établissements proposant des lits d’hospitalisation et/ou des programmes d’hospitalisation de jour ;
    • Avis d’expertise : contact privilégié pour la rééducation auprès de kinésithérapeutes de ville et des équipes de rééducation des établissements de santé ;
    • Transmission : rédaction de comptes-rendus de consultation ; participation aux réunions de concertations pluridisciplinaires et aux synthèses pluridisciplinaires ;
    • Réalisation d’actes thérapeutiques : prescription et surveillance des traitements médicamenteux (antalgiques pallier 1 et 2), de rééducation et de programme de réhabilitation respiratoire, d’arrêt de travail et adaptation du réglage de la ventilation non invasive.

L’URPS Kiné Ile-de-France a donc souhaité poursuivre la preuve de concept dans d’autres parcours de soins organisés dans des équipes et établissements de santé qui se sont déjà manifestés. Elle a également souhaité accompagner la mise en œuvre de la kinésithérapie en pratique avancée au sein des équipes mobilisées pour ce travail.

Une nouvelle restitution des résultats finaux de cette preuve de concept est prévue le 6 Février 2024 à Paris.

 

Pour toute question sur ce sujet, vous pouvez nous contacter : a.demont@urps-mk-idf.org